AVERTISSEMENTS ET CONSEILS DE LECTURE

Bonjour,

Je me dois, après une longue réflexion, de préciser ou donner, le cas échéant, quelques consignes concernant ce qui suit plus bas.

Si vous n'êtes pas un grand lecteur, contentez-vous de lire uniquement le ou les paragraphes qui vous intéressent. N'allez pas ensuite vous plaindre que vous avez lu une logorrhée lassante. C'est comme dire à un gamin que le feu çà brûle. Bien fait pour sa geule !!!

Il n'y a pas de jolies images pour accompagner votre lecture ? Qu'importe ! vous aurez, tout au long de celle-ci de nombreux liens hypertexte (en rouge sur votre écran) sur lesquels cliquer. Ceux-ci vous ouvriront une page annexe qui vous affichera de quoi relaxer (ou non) votre cerveau.

Ensuite, le contenu de ce qui suit est d'un avis strictement personnel. Si vous souhaitez faire des commentaires, autrement que dans un contexte rébarbatif de "snif, ouin,bouh, t'es qu'une méchônnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnte envers moi et mes copains de bac à sable ", vous pouvez m'adresser ceux-ci par les moyens qui sont à votre disposition.
La critique est recevable si elle s'avère constructive.

Attention cependant; je suis très taquine quant au fait du comportement au sein des communautés virtuelles. Les report-abuse sont des choses auxquelles je suis rompue.

Sinon, pour en finir, je ne mords pas. Le but principal de ce blog est de donner un avis proprement personnel et, j'en ai la prétention, souvent différent sur de nombreux aspects à beaucoup d'autres, sur les concerts et autres auxquels j'ai accès. Pour vous, lecteur, je tente à croire qu'il s'agit de rire un bon coup, et pourquoi pas, d'apprendre deux trois choses et de vous faire tressaillir (de plaisir, de honte ou de rage) dans vos pantalons.


Je crois en l'existence de l'individu conscient, pas dans celui du singe a qui on a appris à parler ou à écrire.


Bonne lecture.

Laranor



PS : Si quelqu'un veut se dévouer pour être mon correcteur orthographique, cela me soulagera d'un correcteur automatique pourri. Et au passage, si quelqu'un veut faire la traduction en anglais, qu'il me contacte : je suis prête à faire des concessions.




30 décembre, 2009

CONCERT DU 10 DECEMBRE 2009 – SWALLOW THE SUN/ INSOMNIUM/ OMNIUM GATHERUM

Les concerts de métal se suivent et ne se ressemblent pas. J’en ai eu la preuve ce soir. De même, les publics se suivent aussi et ne se ressemblent pas non plus. J’en ai eu AUSSI la preuve (hélas) ce soir.
Enfin bon, après avoir assisté à NILE ou KRISIUN en concert, tout semble naturellement fade et sans puissance, d’autant plus que les artistes du soir passaient au Glaz’art. Mais à cela, je donnerai des éclaircissements.


Je n’aime pas la Glaz’art. Je ne m’en cacherai pas de toutes façons, mais l’ensemble de la soirée a une fois de plus prouvée que, non content d’être situé dans un endroit pourave, d’avoir une esthétique à chier, le personnel résident est puant de mépris et de suffisance, au moins à l’égard des goth (CF. T21) et des métalleux. Je dirais volontiers « qu’ils crèvent tous cette bande de cons ! » mais, malheureusement, la salle semble en passe de devenir un lieu de rendez-vous obligé pour nos scènes alternatives et décadentes. En effet, même WASP se retrouve catapulté à l’Elysée Montmartre, La Loco ne pouvant plus assurer la performance en son sein. RIP La Loco en fait.
Donc, bien malheureusement, je vais devoir me coltiner encore longtemps ces résidus de fond de chiotte fumés au bois de ganja, qui rongent leur frein à chaque fois de fermer les issues et de foutre le feu au bâtiment avec tout ce qu’il y a dedans. Bon, pour le coup, une petite partie de moi aurait mis la main à la pâte ce soir, mais quand même. Après tout, ce sont nos billets et nos bières qui payent leur hachisch.

Le public du soir est, dans sa grande majorité, largement plus jeune que celui de la veille; On reste pourtant dans le métal mais, celui-ci restant à l’image de ses artistes, l’effet marketing et le buzz commercial des jeunes générations, nous gratifie ce soir d’un troupeau de ruminants, ou de gastéropodes. C’est au choix.
En soi, je ne peux pas dire que le concert dans son ensemble a été mauvais ; bien au contraire. Mais, après l’expérience NILE à 24 heures, tout paraît plus fade, sans texture, mièvre et surtout MOU et TENU. Tenu en effet parce que, malgré la puissance des groupes, le GLAZ’ART nous bride pour toute la soirée à 120 Db. Donc je ne me suis pas étonnée que le son me paraisse aussi peu fort, même pour du métal symphonique.

Une petite mention spéciale avant de commencer à déblatérer sur les groupes pour le marchandising des groupes du soir et le service fourni. Beaucoup de choix en matière de fringues avec entre autre une esthétique plutôt correcte, qui permette de passer partout sans se faire jeter des pierres, et une bonne qualité générale des textiles. Parce que mon t-shirt ou mon hoodie, s’il devient gris et qu’il a perdu deux tailles après trois lavages, moi çà a tendance à me convulser. Un p’tit cheer-up pour le brave type qui a passé sa soirée à tenir le stand d’ailleurs, dont la disponibilité, le conseil et le sens du service était plutôt exceptionnel comparé à l’ensemble grouillant de vendeurs en électro-ménager (merci Mr le chien) qui nous entoure.

Bon. Entamons maintenant ce pourquoi normalement ce blog est fait : la musique.

OMNIUM GATHERUM, le premier à jouer ce soir, est un groupe Finlandais, dit de Melodic Death Metal. Personnellement, le Death Metal pour moi ne peut être mélodique au sens où les gens veulent bien l’entendre. Mais les étiquettes, c’est vrai qu’on leur fait dire n’importe quoi. Ensuite, aux vues de l’ensemble de la performance, j’aurais tendance à dire que c’est un méga gros pastiche de black/ death/ Melodic et surtout, une énorme inspiration de NIGHTWISH.
J’aimerais bien ne pas dire trop de mal de ces braves petits (qui doivent avoir mon âge en fait), mais la référence Nightwish çà me casse un peu l’entrain. Je repense forcément lorsque je vois des groupes « mélodiques » du Nord de l’Europe à cette énorme fumisterie qu’est Nightwish et pour laquelle j’ai dépensé à l’époque 25 € en 2000. J’ai passé l’ensemble du concert à compter les postiches et autre attributs artificiels (pas ses cheveux, pas ses yeux, pas ses seins, pas ses ongles, pas sa voix….) sur la grosse poule, à me faire chier au milieu de blaireaux qui avaient amené leur copine uniquement parce que se branler sur Tarja avec elle à côté c’était moins grave. Au final, du playback pour tout, et surtout une voix protoolé à mort. En plus une musique calibrée, calculée, markettée tout ce que je déteste et que malheureusement j’ai un peu retrouvé dans OMNIUM GATHERUM, y compris dans l’attitude des musiciens. Encore heureux que le soir où j’ai vu Nightwish j’ai aussi vu Sinergy, qui avait en guest apparence Alexi Laiho. Ce n’était pas exceptionnel, mais au moins Kimberly, elle, c’était du vrai qui avait la patate et qui disait "FUCK!".

Mais revenons à nos Finlandais du soir. Nos premiers en fait puisque les trois groupes le sont.

OMNIUM GATHERUM donc (je n’arrive pas à me faire au nom) fait une musique qui s’écoute. Ce n’est pas forcément très inspirée, ni extrême, çà ressemble à un paquet de Pringles posé sur une table. On en mange, sans vraiment s’en rendre compte, du moment qu’il y a de la bière pour accompagner.
Ce qu’ils font est un ensemble pastiche de Death/ black et Power métal, le tout enrobé dans des mélodies à la STRATOVARIUS. Le chanteur fait évoluer sa voix entre les différents styles avec aisance, mais à côté de çà, il faut quand même avouer que çà n’a pas suffisamment de puissance dans chacun d’eux pour être vraiment marquant. Ce petit bonhomme (parce que pour un finlandais il n’était pas bien grand) m’a beaucoup fait pensé à Steven Tyler : le même style de faciès large et osseux avec une bouche qui n’en finit pas et des dents au cordeau. Mais à bien y réfléchir, avec le recul, il s’agit plutôt d’un mix entre Steven Tyler et Pickachu. Pas Rai, pika ; La souris électrique qui donne de l’épilepsie (qu’est-ce que je l’aime elle). Parce qu’en fait, à défaut d’un talent exceptionnel, les performers et surtout ce Pokémon là, ils sont branché sur 220 : On a droit à plein de sortes différentes de headbang (sisi ; y’en a plein), on nous fait taper dans les mains, effectuer le signe de reconnaissance du métalleux (au choix : la girafe ou l’escargot), sauter sur place et plein d’autre choses. Bon, dit comme çà, en effet, çà fait un peu colonie de vacances et gentils animateurs, mais, aux vues de l’âge moyen du public, on en était pas loin ; Sauf qu’il se serait agit d’une garderie très très tard. Le style musical aide à l’entrain il faut bien le dire aussi. En tous cas, ils semblent être bien contents d’être là et remercie souvent le public d’un « thank you Parissssssssssssssssssss » sorti des boyaux.
Si je fais abstraction de la masse graisseuse et grouillante qui m’entourait ce soir là et qui, accrochée à la scène comme un éco-terroriste à son arbre, m’a empêché de me mettre au premier rang, la performance est bonne. Rendons justice à ces oompa-loompas du froid, dont la musique est bien ficelée, réalisée avec maîtrise (ils sont de 1996 quand même), et dont le cœur à l’ouvrage fait plaisir à voir. On a droit a de bons petits arrangements, des intros plutôt bonnes, quoique un peu trop Epic-Médieval (tout le monde ne peut pas se prévaloir d’être Rhapsody). Ensuite, on a le sempiternel « bô goss » à cheveux longs qui nous balance régulièrement ses (vraiment) bons solos de guitare en lançant de larges sourires et œillades à la ronde ; double manque de bol pour le monsieur par contre, parce que de gonzesses baisables et majeures ce soir, la salle en était plutôt pauvre. Ou bien elles étaient accompagnées. Ensuite, je dirai volontiers : tout le monde ne peut pas être exceptionnel. Et d’exceptionnel, dans ce style là précisément, le plus connu c’est Herman Li. Il est bon, très bon, exceptionnellement bon et en plus il a des cheveux dont je pourrais me faire une couverture. C’est pratique durant les longues soirées d’hiver çà… Ensuite, le groupe est un peu disparate comme pour beaucoup de cette région de l’Europe : chacun des membres possède son propre style vestimentaire et gestuel, et les physiques sont variés. Variés à la différence de nos nouvelles générations, quasi exclusivement composées d’individus tout en membres, os et tendons. Les futurs pères de la nation sont tous ou presque, longilignes, rangeables dans une boîte comme des allumettes. Sauf que vu le suint présent dans les corps, une allumette et sa tête en souffre çà doit mieux brûler. En tous cas, ce qu'il y a à regarder sur scène est largement plus attractif que ce qui tente désespérément d'avoir l'air méchant dans le public.
Je ne peux pas dire qu’OMNIUM GATHERUM soit un mauvais groupe, ou bien encore que ce qu'ils font le soit. Non non. D'un point de vue musical, je ne trouve pas cela réellement original, peut-être parce que le métal symphonique et mélodique a déferlé en masse il y a de cela quelques années, et que donc j'en ai fait une overdose (et Nightwish çà a fini de me faire rendre mon diner). J'aime la diversité et surtout la complexité dans ce que j'écoute et, j'ai trouvé un peu beaucoup de références provenant de la même scène. Ensuite, les leurs sont solides : Iron Maiden et Van Halen pour le Heavy, Dream Theater pour Le Prog; du Rhapsody et du Stratovarius, du Nightwish (pour ce que çà vaut), un petit côté Ancient pour le soupçon de black, Morbid Angel pour le Death, et même des trucs vachement plus rock'n'roll ou pop comme Dire Straits ou Deaf leppard. Ensuite, c'est vrai, çà a tendance à faire un patchwork. Par contre, et çà c'est vrai, le groupe dans son intégralité est d'une très grande générosité et d'une très grande sincérité avec le public. Beaucoup se la pétent en concert, très certainement parce que en France, ils passent de 5000 personnes à une audience beaucoup plus réduite (heuuu 250 ?), et parfois même beaucoup plus jeunes. Mais OMNIUM GATHERUM, eux, ils prennent tout les bras grands ouverts, du moment qu'on ne leur jette pas des cannettes vides. Et puis, sur la scène, malgré les lumières, on a quand même la vision des « anciens », qui sont là en retrait de la foule. La jeunesse donne peut-être l'énergie dans un concert, mais ce sont les vieux qui assoient la légitimité de l'artiste. Ils sont plus difficiles à convaincre, mais il est rare qu'ils reprennent leur assentiment. En cela, il faut quand même bien avouer que le métalleux il est vachement plus fidèle que le goth ou l'électroboy.
En tous cas merci à OMNIUM GATHERUM pour leur set, plein de bonnes choses, bourré de vie et d'énergie (z'avaient 20 secondes pour nous dire que c'est de la dynamique !!) qu'ils auront donné ce soir. L'ensemble de leur musique est accrocheuse, dynamique et laisse un arrière goût d'espoir et de positivisme (c'est con, c'est du métal). Donc, du bon à écouter pour se donner la patate durant les longs trajets en voiture, ou bien quand on est coincé sur le périphérique alors que le ciel il est tout gris dehors. Ca donne un petit rayon de soleil au fond du cœur.

Au Glaz'Art, j'ai décidé que je faisais ma vieille radasse; donc, pour faire chier, je commande un Perrier tranche. C'est plus long à servir qu'une pression, çà rapporte moins et en plus çà permet de voir si on vous arnaque sur le produit. Nous voilà donc de retour dans l'endroit le moins désagréable du Glaz'art, le patio. Enfin la terrasse « chauffée ». Tiens d'ailleurs, c'est quand même étrange que, cette soit disant terrasse chauffée ne le soit jamais lorsque j'y fais des concerts. Pourrait-on y voir un rapport de causalité entre le public qui paye et le service fournis ? Oui ? Non ? Allez savoir.... En tous cas ce soir, il fallait vraiment être bien couvert pour affronter les premiers vrais frimas de l'hiver qui s’avance. Ou bien avoir envie de montrer ses fesses osseuses (sisi. Véridique).

La seconde partie du show est honorée par INSOMNIUM. La soirée est exclusivement Finlandaise, donc eux aussi. On a devant nous un groupe dont l'esthétique est plus en accord avec les canons du métal; on a vraiment là du cheveu long et du poil. Du bon head-banging, du mâle qui sent bon la sueur et une grande implication dans leur musique. Les protagonistes sont concentrés sur les instruments et l'exécution du show qu'ils vont nous interpréter. Ils vivent ce qu'ils font, souffrent et respirent par les mélodies qu'ils ont composées. Le groupe date de 97, mais leurs influences sont plus anciennes. En effet, alors qu'Omnium Gatherum se rapproche de Nightwhish, INSOMNIUM a un petit côté THEATER OF TRAGEDY. Bon dans les deux cas, çà reste de la musique à miaulements; diable merci, les groupes de ce soir ont complètement laissé tomber le côté Hello Dark Kitty de leurs inspirations.
La performance du groupe (pas celle du public hein) est bonne. On a de l’énergie, un groupe concentré et de la bonne musique.
D'un point de vue de la composition, on retrouve les sempiternelles bases mélodiques du heavy métal dont les canons sont exécutés avec maîtrise et exactitude; un petit côté Iron Maiden très appréciable ou bien des accents de BLACKMORE’S NIGHT pour leur approche de la médiéval-folk. Alors par contre attention; Blackmore’s Night oui, mais sans le côté crincrin de la Renaissance Faire. On trouve une empreinte de la musique folk proche du vieux continent, avec une utilisation plus introspective, plus proche des hommages à la nature et aux rites traditionnels de la vie quotidienne. La composante majeure qui différencie INSOMNIUM de leurs prédécesseurs, c'est la tonalité mineure et une plus grande utilisation des accords en tierce. Leur musique propose une forme de chant qui ressemble plus aux classiques du XV éme ou XVI éme siècle, avec la volonté de créer une mélodie pleine et entière, plus ronde à l'oreille et plus « brillante ». Niilo Sevänen possède un style vocal qui rappelle, avec tous les accents du death en plus, celui du conteur; sorte de troubadour poilu et bien portant, dont les expériences et les émotions auraient eu raison et de sa voix et de sa santé mentale (y'a pourtant pas d'activité du Mythe dans le Nord de l'Europe normalement). Beaucoup des morceaux sont composés sur une base plutôt simple, ce qui permet de les reconnaître facilement et de se souvenir des paroles. On ressent dans leur musique une grande empreinte de la Finlande natale, avec parfois l'impression des vents tièdes de l'été dans les jeunes futaies ou au contraire celle de la morsure silencieuse du froid hivernal sur la toundra comme à Kilpisjärvi. De belles images pour une musique qui vient du Nord, avec parfois des petites touches à la Cradle Of Filth pour certains passages plus réservés, ou, plus proche d'eux (j'vais me faire taper attention c'est juste un hommage) des accents mélodiques proches de Dimmu Borgir dans l'album symphonique « Death Cult Armageddon » . Une musique donc riche en émotions ainsi qu'en termes de ressources.
Les rapports qu’entretient le groupe avec leur public sont généreux, chaleureux et dévoués. Niilo s'adresse au limon dans un français correct et sans accent. D'ailleurs ce soir, personne ne sera risqué à lancer un « A poil » durant les sets; Même cette tradition de pochards tend à se perdre... quel dommage. Aussi, en réponse à l'annonce de Niilo je répondrais que, oui j'aurais bien aimé « aider les pauvres hippies sur la route » que vous êtes, mais malheureusement, même si le cœur y était ma bourse elle n'a pas encore acquis l'upgrade de « sac sans fond ». Donc : Reviendez vite nous faire un show et promis juré, j'achète un de vos hoodies qui sont très beaux.

Le Glaz'art étant ce qu'il est, mis à part la tête d'affiche parce qu' il faut vite se débarrasser du public qui gène, on n'aura pas la chance d'avoir un rappel. C'est dommage mais j'aurai eu le lot de consolation offert par le Glaz'art. Et ce soir la consolation aura été doublement poilue puisque j'ai pu revoir mon ami le Glaz'rat, mais également son amie la Glaz'rate. C'était chou de les voir se courir l'un après l'autre d'autant plus que madame attend pour bientôt un heureux événement.

Mais voilà que s'annonce la tête d'affiche qui, le croiriez-vous ma bonne dame, ne semble pas avoir eu l'effet escompté sur le public.

SWALLOW THE SUN est un groupe Finlandais (encore) de Doom/ Death métal. Ce qui est gênant, concernant le groupe c'est que le chanteur fait largement plus penser à l'un des blaireaux camés du staff de la salle, plutôt qu'à un chanteur de métal. C'est d'ailleurs le seul qui fait grincer des dents parmi l'ensemble des membres. Ensuite, on pourra arguer que parce que c'est du Doom il peut bien prendre n'importe quelle apparence. Mais il vrai que çà change quand même énormément du chanteur à cheveux longs et gras dans la face à la My Dying Bride.
Le Doom à la finoise, c'est un peu çà : « putain mon rêne, mon putain de rêne, Ruddy mon rêne à moi il est mort ! J'vais tous vous péter la gueule !! » Suivi de « ho mon dieu, (*snif* ouin bouh *sob*) Ruddy qui était mon rêne à moi et bah il est mourût et je vais aller me petit-suicider dans les steppes en pensant à mon rêne, qu'il ne reste que son petit collier rouge à clochettes, que je suis malheureux et inconsolable (*snif* ouin bouh *re-sob*) ». Oui bon je sais, mais après tout, ils sont finnois et la Finlande, c'est le pays du père Noël. Tout çà pour dire que c'est avant tout une musique pour maniaco-dépressif à tendance bipolaire. Ca n'en reste pas moins que c'est parfois très bon, même si la tendance de ces dernières années était plutôt à l'oubli.
SWALLOW THE SUN manie le style avec beaucoup de finesse et de goût. Les arrangements musicaux ainsi que l’utilisation des rythmes sont bien pensés, avec un bon gros dépoussiérage des canons du genre. Les morceaux sont bien composés, les développements sont efficaces, les chants généraux s’entremêlent et se soutiennent intelligemment. Ils utilisent une base plutôt classique, avec des nappes d’instruments à cordes (samplées) comme la plupart de leurs prédécesseurs, mais dans le mixage général cette base se retrouve noyée et reléguée en fond d’écoute. Ce n’est pas plus mal d’ailleurs parce que les déchirements de violons et confrères il n’existe rien de pire pour le pathos dégoulinant qui accompagne généralement le Doom. Tout comme beaucoup de groupes de métal aujourd’hui, le style actuel du groupe puise dans plusieurs catégories : en effet, SWALLOW THE SUN nous propose certes du bon Doom des familles, avec une grosse voix bien ronflante (les p’tits gabarits qui dégobillent leurs tripes comme çà je trouverai toujours çà aussi hallucinant) et traînante, mais également, ce qui n’est pas pour me déplaire, une approche du Death Metal très mélodique ainsi que l’utilisation des canons du Black Metal, mélodique lui aussi (sans oublier la voix de chat écorché). Grosso modo, SWALLOW THE SUN, c’est donc avant tout un groupe de métal mélodique. On y retrouve les trois grandes familles de la niche, avec une prépondérance pour le vilain petit canard du lot (le Doom, qui était surtout considéré comme une musique de dépressif et donc de goth qui s’ignore. Bouh c’est mal). Mais en cela, SWALLOW THE SUN se différencie de ses petits camarades de par sa capacité à intéresser un public plus large et venant d’horizons différents. Si on écoute bien d’ailleurs, on peut retrouver certains arrangements qui s’avèrent rappeler curieusement ceux de la cold-wave Anglophone comme dans « Seventeen Seconds » de THE CURE. Cette empreinte donne aux pièces un côté aérien et détaché qui ne sera pas sans déplaire aux vieux qui s’habillent en noir. Ensuite, pour les réticents du genre, on peut avancer plusieurs petites choses : le chant est bien posé sur les mélodies et pour une fois, on a un chanteur qui chante juste ; les morceaux ont une composition subtile en effet, mais l’ensemble des mélodies est tout de même plus facile d’approche ; les ambiances sont intenses et soutenues mais ne tombent jamais dans l’auto-apitoiement. Me croiriez-vous si j’affirme d’ailleurs qu’en sortant du concert, le set de SWALLOW m’avait donné une bonne grosse patate ? Non ? Et pourtant. Mais j’aime le bruit de ressac aussi et leur musique à un petit côté iodé mélangé d’oxyde de fer qui n’est pas pour me déplaire.
D’un point de vu visuel par contre, le groupe à de gros efforts à faire. Autant OMNIUM GATHERUM et INSOMNIUM ont fait montre de leur plaisir à jouer et de leur investissement auprès du public, autant SWALLOW THE SUN a plutôt fait l’inverse. L’avantage d’un mépris affiché c’est de refroidir tous les mono-nucléiques de la salle ; parce qu’autant çà partait dans tous les sens précédemment, autant le Doom de SWALLOW THE SUN en a séché beaucoup. Je dirais même, à posteriori, qu’une grosse partie n’était pas là pour la tête d’affiche et qu’ils ont été déçus du style musical du groupe dont ils ne connaissaient rien. Cela n’empêchait pourtant pas les rares « élus » d’acheter le merchandising du groupe pendant ce temps là puisqu’il était impossible d’avancer à moins de 7 mètres de la scène. Je ne peux reprocher à SWALLOW THE SUN son professionnalisme ou sa maîtrise dans l’interprétation des morceaux mais il s’est dégagé pendant l’ensemble du set une froideur à l’égard de l’auditoire qui attendait en partie un peu de reconnaissance. Ensuite, le groupe est récent puisqu’il ne s’est formé qu’en 2000 ; la connaissance de la scène n’est peut-être pas encore une donnée pleinement acquise, d’autant plus que le public français à très mauvaise réputation. Beaucoup de tension et de stress donc durant le set même si à la longue les protagonistes se dérideront un petit peu. Je peux donc espérer tomber dans le juste si je dis qu’ils avaient malgré tout l’air satisfait du concert de ce soir.

Je suis exigeante quand je vais voir un concert ; qu’il s’agisse de flonflons ou bien de musique pour se pendre, j’estime que l’apparence de gros méchants (raaaah j’suis Iveuhleeeeeeeeeeee *garglegarglegargle*) que certains tentent de se donner ne devrait pas empiéter sur une légitime reconnaissance envers les quelques courageux qui se sont déplacés jusque là. La scène ne vit que par son public, mais si ce public ne reçoit que des crachats et du mépris, l’intérêt finit par s’étioler ; même acheter un album devient alors débatable et la scène se meurt. Sans pour autant tomber dans les excès que j’ai pu chroniquer précédemment (DOPE STARS INC. cela ne vous rappelle rien ?), un semblant de disponibilité envers les fans ne seraient pour certains pas de refus, et SWALLOW THE SUN en fait partie. Ensuite, si le chanteur il a un ongle incarné ou bien que le guitariste s’est trouvé un cheveu blanc le matin, moi, je ne suis pas au courant. Je ne fais que juger l’instant avec mes petites cellules à moi.

La soirée a donc confirmé deux choses : la première, et la seconde.
Tout d’abord, que la scène métal fait toujours naître de bons produits et qu’elle est donc loin de se tarir. Ensuite, le nouveau public c’est le nouveau public. Présent ce soir, demain il accordera son intérêt à quelqu’un d’autre, sans scrupule ni fidélité. Avec un peu de chance, un petit pourcentage restera fidèle, mais je ne saurais m’avancer ce terrain glissant.
Ensuite, que j’ai la conviction que le Glaz’art abhorre en tout sens le public des sous-cultures « obscures », mais possède une tendresse toute particulière pour ses mascottes.

Concernant simplement le concert du soir, je trouve aussi que le son Finlandais se reconnaît bien par rapport à ses acolytes nordiques. Une manière de concevoir la musique, de la ressentir et de retranscrire sentiments et impressions qui, au final, même si les influences sont parfois différentes et les styles aussi, est facilement intelligible. Cela fait déjà un bout de temps que j’affirme que chaque pays nordique possède son empreinte musicale ; le concert de ce soir m’aura donc conforté dans mon idée.
Ensuite, un très bon moment en compagnie de musiciens dans leur ensemble sympathiques et chaleureux, qui aiment ce qu’ils font et qui tentent de le faire découvrir et aimer en retour.
Trois groupes et donc trois visions différentes de la musique dans une niche pourtant marginalisée. Trois empreintes passionnées qui pourraient largement rester dans ma mémoire comme le meilleur tour-opérator qui soit pour visiter en 4 heures la Finlande. Il ne manque plus que du Ruisleipä, un bon morceau de Kylmäsavustettu lohi, le tout arrosé de Marskin Ryyppy pour se sentir complètement submergée par la culture.
Et puis aller, tant qu’on y est : « Suomi Finland Perkele » et tout le tralala.

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